Anaïs de Sonis ne se laisse pas enfermer dans le simple rôle d’épouse du général. Elle apparaît comme une femme d’une trempe rare : aimée profondément, mère éprouvée, presque aventurière malgré elle, appelée à suivre une destinée exigeante sans confort, sans fortune, mais portée par la foi et par la confiance qu’elle plaçait en son mari.
En Algérie, Anaïs accompagne Gaston dans des installations et des tournées parfois périlleuses.
Lorsque survient la guerre de 1870, l’inquiétude change d’échelle elle sait son mari exposé sur les champs de bataille de France, tandis que ses trois fils servent eux aussi sous l’uniforme — Gaston sur le Rhin, Henri parmi les tirailleurs algériens, Albert aux spahis. Après Loigny, apprenant la blessure de Gaston, elle part le rechercher en plein territoire de guerre.
Anaïs veille, attend, espère, mais elle sait aussi se mettre en route.
À travers elle, l’histoire du Général de Sonis quitte le seul terrain des combats et des honneurs militaires. Elle entre dans la maison, dans les déménagements, les lettres, les grossesses nombreuses, le deuil de deux enfants et cette fidélité active d’une femme qui ne subit pas seulement les épreuves : elle les traverse.
Source : Albert Bessières, Sonis, éd. Beauchesne / Chiré, légende de l’illustration : « La Générale de Sonis », décédée à Chartres le 25 janvier 1927
« …je notais que épouse, maman, elle appartenait, par là, à ce qui est la condition normale de l’humanité. Je regrettais, à ce propos, qu’historiens et hagiographes n’aient pas essayé de mettre plus souvent les pères et les mères de famille à l’honneur. »
Albert Bessières, Sonis, éd. Beauchesne / Chiré, chapitre « Enfances : 1825-1849 ».
